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17/10

Arnaud Bovière : « j’ai été un ado difficile »

Arnaud Boviere est un enfant des hôpitaux de Paris. Atteint d’une grave maladie, il y a passé 10 ans de sa vie. Fin 2015, il réussit à monter dans une petite salle parisienne, Aux fleurs du temps, une pièce écrite à 17 ans, durant son hospitalisation. Sa façon de « traverser l’adolescence haut la main »

Être malade à l’adolescence rend ce passage encore plus difficile ?Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Ma maladie entraînait beaucoup de pertes de connaissance pénibles psychologiquement et physiquement. Être malade génère des difficultés sous-jacentes : le regard qu’on porte sur vous, les autres, la peur de ne pas s’en sortir, le fait de ne pas pouvoir aller à l’école… On entre à 12 ans à l’hôpital, les années passent, on voit ses copains passer le bac, alors qu’on en est au même point. Cet état m’a conduit à une dépression qui a duré deux à trois ans.

Les médecins doivent aussi gérer ça ?
J’ai été un ado difficile pour le corps médical aussi ! J’avais une pathologie que les médecins avaient du mal à soigner. J’ai trouvé un certain plaisir à voir que les médecins ne comprennent pas, que je sois tellement difficile à soigner. Beaucoup d’adolescents malades m’ont dit avoir l’impression que leur existence se résumait à la maladie. On vit cette spécificité comme une chose qu’on ne peut pas nous enlever, dans laquelle on se dit qu’on excelle vraiment.

Vous êtes très impliqué auprès des jeunes hospitalisés…
Je m’implique beaucoup à travers des ateliers thérapeutiques, des lectures, car j’ai la chance d’être guéri. Je représente un espoir pour les jeunes, les familles ou les médecins qui se servent de ma pièce. C’est vrai que les associations qui accompagnent les jeunes malades s’adressent plus souvent aux enfants qu’aux adolescents. Vous envoyez un clown à un enfant, il est content, c’est plus complexe avec un adolescent…

Comment on peut s’y prendre avec un adolescent ?
Qu’on soit malade ou en bonne santé, de Versailles ou de Sarcelles, la plus grande des souffrances, c’est la solitude. On se sent incompris, seul donc on se cloisonne.
Je suis intervenu dans des lycées difficiles, les jeunes se murent derrière des attitudes agressives qui sont des mécanismes de défense. Les adolescents sont très doués pour cacher ce qui ne va pas.
Il faut leur faire prendre conscience que ce n’est qu’une période, qu’ils finiront par rencontrer quelqu’un qui lui tendra la main et qu’il sera compris. Parfois, il peut se passer longtemps avant de rencontrer cette personne, moi c’est Marcel Rufo qui m’a appris qu’il ne fallait pas baisser les bras.

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