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27/08

Le décrochage scolaire : un enjeu de société

La lutte contre le décrochage scolaire est un des sujets de notre appel à projets Atout Soleil « traverser l’adolescence haut la main ». Comment le prévenir et aider ces adolescents qui sortent du circuit scolaire ?

La notion de décrochage scolaire apparaît en France dans les années 2000. Deux textes ministériels (31 décembre 2010 et 10 février 2011) précisent la notion de décrochage scolaire. Celle-ci est définie institutionnellement comme le fait de quitter un système de formation initiale, sans avoir obtenu ni le baccalauréat, ni un diplôme à visée professionnelle (BEP ou CAP) (1).                                                                                                                                                Le décrochage ne peut en effet pas être réduit au seul échec scolaire avec lequel il est parfois confondu.

D’ailleurs, les statistiques montrent qu’il est difficile à cerner. Ainsi, on évalue entre 10 à 15% les jeunes de 16 à 18 ans touchés par le décrochage scolaire (2). Un phénomène difficile à aborder car il n’est pas homogène. Il ne peut pas être réduit, comme c’est souvent le cas au seul problème social ou des « quartiers ».

Des facteurs multiples

En effet, chaque cas est unique et correspond à une histoire de vie. Il est d’autant plus difficile à appréhender qu’il s’explique par des facteurs multiples, scolaires certes, mais aussi personnels, familiaux, sociaux, psychologiques, conjoncturels…                                                                                                                                                                                Selon le Dr Marc Vincent, psychiatre et directeur de l’espace Claude Chassagny de Lille, ces jeunes décrocheurs sont des adolescents en souffrance qui éprouvent des difficultés dans « leur manière d’être au monde » (3).
Les jeunes qu’il rencontre dans ce CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique) lillois présentent « des états dépressifs qui durent depuis longtemps ou des difficultés proches de la déficience intellectuelle qui peuvent faire suite à des troubles très anciens du développement dans l’établissement des liens, des relations ».                                           Quant aux parents concernés par le décrochage de leurs enfants ils se sentent le plus souvent seuls et désarmés face à cette situation. Le climat scolaire (qualité des relations entre pairs, entre jeunes-enseignants-parents, sentiment d’insécurité, conditions d’apprentissage) est une des variables les plus significatives statistiquement pour expliquer le décrochage. Ce climat n’est pas toujours perçu comme accueillant. Si le cadre scolaire ne semble pas oppressant pour la grande majorité des jeunes, 38 % des répondants à l’étude UNICEF 2016 (4) expriment qu’ils peuvent être harcelés ou ennuyés par leurs pairs et 28 % avouent que des adultes leur font peur.

Une priorité ministérielle

La lutte contre le décrochage constitue un enjeu majeur pour l’ensemble de la société. Les impacts humains du décrochage sont vastes : détérioration de l’estime de soi, incidences sur la qualité de vie, état de santé dégradé… Sans diplôme, ces jeunes sont touchés de plein fouet par le chômage longue durée et la précarité. Selon le cabinet Boston Consulting Group La répercussion économique sur la société du décrochage d’une personne durant toute sa vie a été évaluée à 230 000 euros en 2012 (5).                                                                                                                                        Depuis 2014, avec la mise en place du plan « Tous mobilisés pour vaincre le décrochage » (6), des actions de prévention ont été instaurées au sein des écoles, en particulier au collège et au lycée. Le droit au retour en formation commence à se développer avec des structures de retour à l’école. Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, la France s’est engagée à abaisser le taux de jeunes en-dehors de tout système de formation et sans diplôme du second cycle du secondaire à 9,5% d’ici 2020 (6).  En parallèle des actions menées par l’Etat, de nombreuses associations œuvrent sur le terrain pour prévenir, faire raccrocher et donner du sens à l’éducation. L’appel à projets Atout Soleil 2018 a pour objectif de soutenir leurs actions et leurs projets.

Sources

(1) Sciences humaines
(2) Chiffres communiqués par la Fondation de France en 2016
(3) Santé Autrement Magazine
(4) Consultation des enfants de 6 à 18 ans, UNICEF, 2016
(5) Evaluation 2012 par le cabinet BCG
(6) Dossier de prévention du 21 novembre 2014 du Ministère de l’Education Nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche : « Tous mobilisés pour vaincre le décrochage scolaire »

 

Pour aller plus loin

La lutte contre le décrochage scolaire/Ministère de l’Education Nationale 

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