1. Le sommeil régénère nos cellules
Les scientifiques la nomment GH ou, plus communément, l’hormone de croissance: elle est principalement fabriquée durant notre sommeil. Chez les enfants, elle sert à grandir, comme son nom l’indique ; chez les adultes, elle joue un rôle indispensable de régénération de l’ensemble de nos cellules, où qu’elles se trouvent dans le corps.
2. Le sommeil active notre cerveau
Non, le cerveau n’est pas au repos durant le sommeil. Au contraire ! Et heureusement, car c’est notre organe qui a le plus vif besoin de sommeil pour bien fonctionner. Que fait-il la nuit ? Il fait le tri dans les informations reçues pendant la journée. Et c’est indispensable parce qu’il faut faire de la place, en supprimant le superflu pour ne stocker que l’essentiel dans le siège de la mémoire, l’hippocampe et le cortex préfrontal. Des observations récentes ont montré par ailleurs que, hors des bienfaits pour la mémorisation, notre cerveau profite du sommeil pour éliminer des déchets toxiques et, d’abord, la protéine dite tau, anormale, qui, en cas contraire, s’accumule dans le cerveau et est à l’origine de la maladie d’Alzheimer. Lié au sommeil, ce bienfait-là est donc essentiel. Un gériatre qui intervenait lors d’un rendez vous de la santé de GPMA disait que « le sommeil c’est la machine à laver du cerveau, qui travaille pendant les heures creuses »
3. Le sommeil accélère notre immunité
Pendant que nous dormons, un certain nombre de nos cellules de défense s’activent. Parmi elles, les lymphocytes T cytotoxiques (CTL), baptisées « tueuses », dont le rôle est d’attaquer les virus (agents pathogènes) et les cellules cancéreuses. Des alliées essentielles à notre bonne santé, qui se manifestent principalement pendant notre sommeil.
4. Le sommeil calme nos émotions
Pendant que nous dormons et que nous rêvons, notre cerveau malaxe (un peu comme de la pâte à modeler) les événements que nous avons vécus pendant la journée. Le sommeil joue alors un rôle inattendu en dissociant ces événements des émotions, profondes ou légères, qu’ils ont provoquées en nous. Résultat ? Ces dernières ne nous envahissent pas, ne nous submergent pas et nous nous sentons apaisés.
5. Le sommeil favorise notre santé mentale
Même s’ils ont été niés pendant longtemps, les liens entre (bon) sommeil et (bonne) santé mentale sont aujourd’hui clairement démontrés, sans être remis en cause : l’insomnie multiplie par deux le risque de développer une dépression. Mais nous sommes ici face à une sorte de double jeu : si le sommeil influence la santé mentale, l’inverse est également vrai. Quand on prend soin de cette dernière, qu’on y prête une attention particulière et qu’on la favorise, on contribue à éliminer ou à fortement diminuer le stress et la tension, causes directes d’un mauvais sommeil.
6. Le sommeil apaise
Quand nous dormons, la circulation sanguine ralentit, le corps est au repos et recharge ses batteries comme une voiture électrique quand elle ne roule pas. Pendant le sommeil, une chute hormonale se produit, que les médecins appellent le « dipping nocturne » qui se traduit par une diminution d’au moins 10 % de la pression artérielle. A contrario, l’absence de cette diminution (on la rencontre chez les patients dits « non bippers », par exemple dans les cas d’apnée du sommeil) accroît le risque cardio-vasculaire. Et autre conséquence, le manque de sommeil chronique favorise l’hypertension, les maladies cardio-vasculaires, le diabète.
7. Le sommeil améliore l’humeur
Après une mauvaise nuit, nous nous réveillons la plupart du temps irritables, moroses et nerveux, conséquence directe de la fatigue. Une bonne nuit, au contraire, agit positivement sur notre humeur, nous rendant plus réceptifs aux autres, plus optimistes. Et nous le savons, être de bonne humeur agit positivement sur notre santé cardio-vasculaire, notre santé cérébrale, optimise notre digestion, renforce nos défenses immunitaires, bref, allonge notre espérance de vie.
8. Le sommeil lutte contre le surpoids
Une quantité – ou une qualité – de sommeil insuffisante donne faim, et surtout d’aliments gras et sucrés, et accélère la perte de la masse musculaire au profit de la matière grasse. Les spécialistes estiment qu’un temps de sommeil trop court augmente de plus de 50 % les risques d’obésité chez l’adulte. N’oublions pas que le sommeil régule l’activité de deux hormones qui agissent sur notre appétit, la leptine et la ghréline. Un mauvais sommeil les affecte donc, avec, pour conséquence, la prise de poids.
9. Le sommeil aide à se « refaire une beauté »
Le rôle de régénérescence de nos cellules joué par l’hormone de croissance la nuit concerne aussi notre apparence physique. En effet, pendant le sommeil, elle répare les dommages subis par la peau dans la journée, notamment dus à l’oxydation des cellules.
10. Le sommeil nous rend meilleurs
Meilleur ? En ce sens qu’un bon sommeil améliore notre condition, qu’elle soit physique ou psychique. Il nous permet de penser avec plus de lucidité, de bouger avec plus d’aisance, de se comporter avec plus d’empathie et d’optimisme, d’accélérer nos réflexes (d’où l’importance de bien dormir avant de prendre le volant). Mais n’oublions pas que l’avancée en âge modifie notre sommeil. Nous n’y pouvons rien, c’est ainsi et il convient de s’adapter à ces changements, de les « apprivoiser » plutôt que de chercher – vainement – à les combattre. Parmi eux, on note l’augmentation du nombre de réveils nocturnes, une plus grande sensibilité à la lumière, une tolérance plus faible aux stimulants, une modification de l’horloge biologique et, chez les femmes, des sueurs liées à la ménopause. En tenir compte et le savoir évite des déconvenues.
Apnée du sommeil : des progrès !
Une toute nouvelle approche réduit l’impact de l’apnée sur le sommeil, trouble très handicapant pour la vie quotidienne et pour la santé en général, cause de stress.et d’accidents vasculaires. Il s’agit de l’implant de neurostimulation des voies aériennes supérieures Inspire, disponible en France depuis début 2026. Testé avec succès depuis une sizaine d’années, il a montré une réduction de près de 80 % des apnées après un an d’utilisation. Son principe ? A chaque inspiration détectée par une électrode respiratoire, un signal est envoyé à l’électrode de neurostimulation afin d’activer le muscle et tirer la langue vers l’avant, libérant ainsi le passage de l’air. Ce traitement est destiné aux patients en échec des autres traitements, c’est-à-dire essentiellement la machine dite de PPC (pression positive continue) utilisée par plus d’un million et demi de Français.
8 conseils de bon sens
- Se protéger du bruit ; avec des bouchons d’oreilles si nécessaire.
- Occulter la lumière ; avec un masque pour les yeux (type avion) si nécessaire.
- Bien choisir matelas et oreiller en fonction de sa morphologie et de sa position en dormant ; ne pas hésiter à mettre le prix, le sommeil n’en a pas…
- Adopter des horaires réguliers de coucher et de réveil
- Éviter tout écran (téléphone, tablette, ordinateur…) au moins une heure avant de dormir, les dîners trop lourds, l’alcool, le tabac et les excitants (thé, café…)
- Se coucher uniquement quand l’envie – ou le besoin – s’en fait sentir.
- Maintenir une température inférieure à 20° dans la chambre ; idéalement 18°.
- Ni repas ni télévision dans la chambre.
Médicaments : vigilance !
Certains médicaments, notamment prescrits dans le traitement de l’insuffisance cardiaque ou de l’asthme, peuvent perturber le sommeil. En cas de doute, il est important d’en parler à son médecin ou son pharmacien. Il pourrait alors s’avérer nécessaire de changer de médicament ou, plus simplement, le moment de sa prise.
