L’eczéma, des démangeaisons par poussées
En France, environ 4 millions de personnes sont touchées par l’eczéma, dont 2,5 millions d’adultes. C’est la deuxième maladie cutanée la plus fréquente après l’acné. Des précautions et des traitements existent.
L’eczéma, c’est quoi ? Une maladie cutanée inflammatoire. Si la forme aiguë se soigne souvent bien et en quelques jours, sa forme chronique se soigne plus difficilement et peut récidiver.
Cette pathologie inflammatoire a un nom scientifique : la dermatite atopique. Elle se caractérise par une mauvaise régulation de la réponse immunitaire et une anomalie de la perméabilité cutanée.
L’eczéma peut apparaître sur différentes parties du corps : mains, cou, paupières, visage, joues, pli du coude, etc. Celui qui touche le visage affecte fortement la qualité de vie, car notre visage est notre identité. Il en va de même pour les mains, avec lesquelles on travaille et on salue, lorsqu’elles se couvrent de fissures et de plaies. Fréquent, cet eczéma chronique des mains (ECM) cause des douleurs aiguës.
Tout le monde peut être touché, car dans bien des cas, cette affection est causée par des facteurs environnementaux. Des activités de nettoyage à mains nues ou une très grande fréquence de leur lavage peuvent entraîner un eczéma localisé.
L’origine peut aussi en être allergique, à la suite d’une exposition à un allergène pendant une longue période.
Des travaux manuels ou la manipulation de produits irritants peuvent aussi en être la cause. Porter des gants de protection qui recouvrent aussi les poignets et les avant-bras constitue une précaution indispensable dans les gestes de la vie quotidienne – vaisselle, ménage, bricolage, jardinage, etc.
Démangeaisons, douleurs…
L’eczéma peut apparaître très tôt, dans l’enfance, avec des causes génétiques ou environnementales. Il peut aussi, mais c’est rare, survenir autour de la soixantaine ou lors de la ménopause chez les femmes, dû alors à la plus grande fragilité de la peau. Mais cette fragilité a plutôt comme conséquence la formation de petites dermatoses sans gravité, dites « de surface ».
L’eczéma se manifeste par des démangeaisons, des douleurs, des sensations de brûlure ou des rougeurs. Il entraîne ainsi du stress et de l’anxiété chez une majorité de patients, la qualité de vie se dégradant lors d’une poussée. Chez certains, il peut même conduire à un repli social. En effet, toutes les personnes qui souffrent d’eczéma le confirment : en plus des douleurs, cette affection qui survient par poussées à un impact important sur la vie quotidienne.
Les personnes atteintes voient très souvent leur sommeil devenir plus difficile. En effet, comment dormir lorsque les démangeaisons poussent à se gratter, parfois jusqu’au sang ? Et elles déplorent que leur douleur soit trop souvent sous-estimée par les autres, ce qui constitue une souffrance supplémentaire.
Des solutions
Beaucoup de personnes souffrant d’eczéma s’interrogent, légitimement : une fois contracté, l’a-t-on pour la vie ? La réponse est non. Une fois qu’on a découvert le produit irritant, l’allergène ou les gestes responsables et qu’on les évite, les symptômes disparaissent. C’est pour cette raison qu’il convient de les identifier au plus vite en consultant un dermatologue qui mènera un interrogatoire poussé et procédera à des tests cutanés.
Toutefois, l’eczéma devient chronique chez environ 5 % de la population, évoluant dans la plupart des cas en poussées inflammatoires entre deux phases de rémission de plus ou moins longue durée. Par ailleurs, l’eczéma constitue un facteur de risques pour développer d’autres maladies comme l’asthme, les allergies alimentaires ou le rhume des foins.
Le froid augmente les symptômes, plus fréquents en hiver. Pourquoi ? Parce qu’il assèche la peau et la fragilise, ce qui favorise la pénétration des irritants et des allergènes. Porter des gants chauds et appliquer plusieurs fois par jour une crème hydratante et émolliente est alors l’arme la plus efficace.
Face à l’eczéma, des traitements existent. Naturellement, il convient d’hydrater ses mains avec des crèmes hydratantes et émollientes – il en existe de nombreuses sur le marché – et d’appliquer les crèmes à base de corticoïdes prescrites par son médecin. Ces traitements aident à retrouver une peau normale. Lorsque les corticoïdes ne suffisent pas ou entraînent trop d’effets secondaires après une longue utilisation, un traitement par voie orale (alitrétinoïne) peut prendre efficacement le relais. D’autre part, un nouveau traitement local (delgocitinb/Anzupgo) a reçu un avis favorable de la Haute autorité de santé en avril 2025.
Ne pas confondre eczéma et peau sèche
La peau sèche ne produit pas de rougeurs ou de plaques suintantes, comme l’eczéma. Généralement, elle touche le bas des jambes ou les mains pendant l’hiver, mais ne provoque pas de rougeurs.
Douches et bains
Balayons une idée reçue : la fréquence avec laquelle les personnes atteintes d’eczéma se lavent n’a aucune incidence sur la maladie. En revanche, la durée, la température ou les produits utilisés ne sont pas sans effets. Les spécialistes recommandent de prendre des douches tièdes (surtout pas trop chauds !) n’excédant pas 5 minutes, avec des produits lavants sans allergènes ou irritants, avec un ph compris entre 5 et 6. On peut demander conseil à son pharmacien. Les crèmes hydratantes doivent être appliquées juste après, lorsque la peau est encore légèrement humide.
Vêtements
Les vêtements doux, en coton, améliorent les lésions. A l’inverse, doivent être proscrits les tissus synthétiques et la laine.
Le psoriasis, aux formes multiples
Auto-immune, cette maladie chronique de la peau touche 2,5 millions de Français. Et, à l’échelle mondiale, elle paraît en régulière augmentation, surtout en Amérique du Nord et en Europe occidentale.
Quelle que soit sa forme, le psoriasis peut se déclarer à tout âge et se développe de manière très variable selon les individus, alternant des périodes imprévisibles de poussées et des séquences de rémission plus ou moins longues. Dans l’immense majorité des cas, un simple examen clinique permet de poser le diagnostic. Information capitale : il n’est pas contagieux.
Le psoriasis se manifeste par l’apparition de plaques rouges recouvertes de squames, c’est-à-dire de fines lamelles blanchâtres de cellules mortes se détachant de l’épiderme. Cette survenue résulte d’un « emballement » du système immunitaire : en réaction à une agression (stress, infection virale ou bactérienne…), les lymphocytes, cellules immunitaires, deviennent alors hyperactifs, stimulant ainsi de manière excessive les cellules de la peau qui vont alors se renouveler anormalement rapidement, en deux semaines au lieu de 28 jours. La maladie peut se déclarer en différents endroits du corps (coude, genou, parties génitales, ceinture, cuir chevelu, paume des mains, plante des pieds, ongles…), sans qu’on sache encore précisément pourquoi elle se développe à un endroit plutôt qu’à un autre.
Un chiffre doit alerter : 70 % des malades du psoriasis ont souffert ou sont atteintes d’au moins une maladie associée. Or, il semblerait que les professionnels de santé, comme le grand public, ne soient pas assez informés des comorbidités liées à cette maladie. En 2025, l’association France Psoriasis a lancé une campagne sur ce thème, appelant à une prise en charge améliorée, avec ce slogan « Non, le psoriasis n’est pas qu’une maladie de peau ».
Pourquoi cette comorbidité ? Parce que le psoriasis peut également affecter d’autres parties du corps en raison de l’inflammation chronique qu’il provoque. Quelles maladies associées ? Le rhumatisme psoriasique, qui se traduit par la survenue, entre 5 et 10 ans après l’apparition du psoriasis, d’un phénomène identique d’inflammation, mais, là, touchant les articulations. Autres conséquences constatées, l’hypertension artérielle, facteur de risque d’AVC et de maladies cardiaques, l’angine de poitrine, la sténose (rétrécissement de l’artère) ou encore les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le diabète, l’obésité, etc.
Conséquences psychologiques
Autres conséquences, psychologiques : l’anxiété et la dépression dont souffrent nombre de malades. En effet, les effets du psoriasis, affection très impactantee sur la vie personnelle, peuvent être lourds sur le plan émotionnel. Les patients se montrent également fatigués mentalement et inquiets pour le futur. Face à ces phénomènes, beaucoup de malades se sentent démunis et peu ou mal écoutés, déplorant un manque d’information – voire une désinformation – du public et, plus grave, des professionnels de santé.
Tous les malades souffrant de psoriasis ne sont pas atteints avec la même intensité. Très souvent, la maladie est peu active et les lésions discrètes disparaissent spontanément. Mais certaines manifestations sont plus sévères, impactant directement la qualité de vie. Combien de personnes atteintes de psoriasis renoncent aux vêtements d’été, aux bains de mer ou aux acticités de plein air ?
Heureusement, face à ce constat, des solutions existent et les progrès sont réguliers. Il existe de nombreuses possibilités de traitement, adaptées au degré de l’affection. Le psoriasis est une maladie qu’on peut soigner, à défaut de pouvoir la guérir.
Des solutions existent
La première précaution à prendre est de veiller à éviter que la peau se dessèche, car l’irritation favorise l’apparition des plaques. Le suivi régulier avec un dermatologue est essentiel pour adapter le traitement à l’évolution de l’affection.
Pour un psoriasis léger, des corticoïdes locaux – ou dermocorticoïdes – peuvent être appliqués sur les plaques. Traitement d’attaque pour éliminer ces dernières, ils sont ensuite prescrits en traitement d’entretien deux fois par semaine, mais à vie. Ils apaisent l’inflammation et régulent la prolifération des cellules de l’épiderme.
Pour un psoriasis plus largement étendu, d’autres solutions existent. La puvathérapie consiste à exposer la peau à des rayons ultraviolets, en cabine. Mais des risques existant, le nombre de séances doit être strictement encadré. Autre solution, les rétinoïdes sont des médicaments limitant le renouvellement excessif des cellules de la peau. Revers de la médaille, ils peuvent avoir des effets secondaires néfastes.
Le méthotrexate est aujourd’hui le traitement de référence face au psoriasis. Ce médicament se prend soit en comprimé soit par voie injectable une fois par semaine. Ce traitement exige un suivi biologique des patients, à cause du risque d’affections au foie. Enfin l’aprémilast, en comprimés, calme l’inflammation de la peau. Mais là aussi, des effets secondaires indésirables imposent des précautions d’emploi, son utilisation ne pouvant être prescrite qu’après l’échec d’un autre traitement systémique. Enfin, les biothérapies, qui ciblent le mécanisme d’hyperactivité des lymphocytes, donnent des résultats encourageants puisque ces molécules améliorent le psoriasis dans des proportions importantes. Surtout si elles sont prescrites tôt.
Récemment la découverte par des chercheurs français du rôle central de l’hepcidine, cette hormone qui régule les niveaux de fer dans l’organisme, a provoqué un vent d’optimisme chez les malades, car elle serait impliquée dans les poussées inflammatoires caractérisant le psoriasis, surtout dans ses formes les plus sévères. A suivre, donc…
Quelques précautions
Il convient de porter des vêtements amples pour éviter au maximum les frottements sur la peau, de ne pas utiliser les déodorants à base d’alcool, de se laver au savon surgras.
Psoriasis et tabac
Le tabac augmente fortement le risque de développer le psoriasis des mains et des pieds, surtout chez les femmes. La proportion de fumeurs parmi la population souffrant de psoriasis est plus de deux fois plus élevée que dans la population générale.
